Marguerite Bays: une sainte fribourgeoise

Marguerite Bays: une sainte fribourgeoise / © Olivia Zufferey
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Marguerite Bays: une sainte fribourgeoise
© Olivia Zufferey

Marguerite Bays: une sainte fribourgeoise

Ferveur
Guérisons miraculeuses, stigmates, résurrections… Les miracles sont légion dans l’histoire de l’Eglise catholique. En Suisse, la sainte fribourgeoise Marguerite Bays a aussi été à l’origine de certains «signes extraordinaires».

Canonisée en 2019, Marguerite Bays est l’une des rares saintes de Suisse. Cette fille de paysans est née le 8 septembre 1815 dans une famille de sept enfants, à La Pierra, hameau de la Glâne, le jour de la Nativité de la Vierge. Enfant, elle aime la prière et le silence. Puis elle apprend la couture et s’occupe des orphelins, des pauvres et des malades. «Elle a été une sorte de Mère Teresa du XIXe siècle», explique son biographe l’abbé Martial Python.

A 39 ans, condamnée par un cancer des intestins, Marguerite guérit miraculeusement, le jour de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception. Dès lors, elle vit des extases et porte les stigmates du Christ sur la croix. On vient la consulter de toute la Suisse, et même de l’étranger. Elle s’éteint en extase le 27 juin 1879, à l’âge de 63 ans, dans l’église de Siviriez.

Les gens sont aussitôt venus la prier sur sa tombe. Et cette ferveur populaire a toujours cours. Plus de 3000 personnes ont visité l’an dernier la chambre de la sainte, relève Fabienne Sauca, gardienne de la maison natale de Marguerite et responsable de l’accueil des pèlerins à La Pierra. En 1927, le diocèse lance la première enquête officielle en vue de la béatification de la couturière. Trop sommaire, le dossier est jugé insuffisant par Rome. Celle que l’on nomme aussi la «sainte du peuple» sera finalement béatifiée par Jean-Paul II en 1995.

Canonisée par le pape

Deux miracles lui sont attribués. Le premier, en 1940, concerne le sauvetage d’un alpiniste en Gruyère, qui survit à une chute en priant Marguerite. Le second a trait à une fillette de 2 ans tombée sous les roues d’un tracteur en 1998. Présent sur place, son grand-père invoque la sainte et la petite ressort indemne de l’accident. «C’est ce dernier signe probant qui vaudra à la bienheureuse sa canonisation par le pape François», souligne Martial Python.

La Fribourgeoise est la première femme laïque canonisée en Suisse et la première stigmatisée, aux côtés de François d’Assise et Padre Pio. «Ce miracle montre que dans n’importe quelle condition de vie, il est possible de vivre la vie en Dieu, que l’on soit théologien ou une personne issue du peuple.» Mais les miracles sont aussi considérés avec prudence par le Vatican, qui se méfie des déviations psychologiques.

Le rôle du miracle dans la canonisation

Une grande foi ou une mort en martyr ne suffisent pas à faire un saint ou une sainte. Le critère principal réside dans la vie du candidat ou de la candidate, qui doit avoir été exemplaire et vertueuse. Mais il faut aussi que la personne à canoniser soit à l’origine de miracles.

Une procédure complexe aboutit à la canonisation, qui est demandée par le diocèse, lui-même sollicité par des fidèles. L’évêque transmet la requête au Vatican, auprès de la Congrégation pour les causes des saints, qui examine les preuves et les témoignages. Le ou la miraculé·e doit subir des examens médicaux approfondis. C’est que l’Eglise elle-même ne peut proclamer la sainteté d’un·e candidat·e: elle attend une confirmation de Dieu autorisant sa canonisation. Voilà pourquoi deux miracles sont nécessaires après la mort de l’intéressé·e. Etape préalable, la béatification permet aux fidèles de vénérer le saint ou la sainte localement, dans le diocèse. La canonisation lui confère une reconnaissance universelle.